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Les impôts au Québec – Origine et disparités

11 février 2026

Les impôts servent à financer les services publics et les infrastructures dont on bénéficie collectivement, même lorsqu’on ne les utilise pas tous. Ils permettent notamment de payer les soins de santé, l’éducation, la sécurité publique, l’entretien des routes et des réseaux, ainsi que les programmes sociaux (soutien au revenu, crédits, services aux aînés, etc.). En plus de financer l’État, la fiscalité sert aussi à répartir le coût de ces services selon la capacité de payer et à soutenir certaines priorités économiques et sociales.

Au Canada, l’impôt fédéral sur le revenu est né comme mesure de financement de guerre : le gouvernement instaure l’impôt sur le revenu des particuliers en 1917 (d’abord associé à l’« Income War Tax Act ») pour soutenir l’effort de la Première Guerre mondiale. Avec le temps, ce prélèvement devient un pilier permanent des revenus publics et l’un des principaux mécanismes de financement des programmes fédéraux.

Au Québec, la trajectoire est marquée par une volonté explicite d’autonomie fiscale. Le gouvernement québécois met en place un impôt provincial sur le revenu des particuliers en 1954 (souvent présenté comme un tournant décisif), notamment pour récupérer de la marge de manœuvre financière face à Ottawa et affirmer les compétences provinciales—un contexte alimenté, entre autres, par des tensions entourant le financement fédéral de domaines de juridiction provinciale (comme les universités). 

Cette décision entraîne concrètement la réalité bien connue : les Québécois produisent deux déclarations (fédérale et provinciale), puisque le Québec administre son propre impôt sur le revenu, avec ses paramètres et sa gestion (notamment via Revenu Québec), plutôt que de l’intégrer entièrement à la déclaration fédérale comme dans les autres provinces.

 

Des gouvernements de plus en plus endettés :

 

Année fiscale

Dette fédérale (acc. déficit) G$

Dette fédérale / Canadien $

Dette Québec (dette nette) G$

Dette Québec / Québécois $

Dette totale (fédéral+Québec) / résident du Québec $

2011-12

591.9

17 052

178.3

22 122

39 174

2012-13

620.6

17 691

191.4

23 601

41 292

2013-14

626.0

17 667

195.3

23 971

41 638

2014-15

628.9

17 614

198.4

24 265

41 879

2015-16

634.4

17 569

198.1

24 079

41 648

2016-17

651.5

18 220

195.2

23 768

41 988

2017-18

671.3

18 372

192.0

23 154

41 526

2018-19

685.5

18 485

188.6

22 484

40 969

2019-20

721.4

19 177

188.1

22 170

41 347

2020-21

1048.7

27 574

194.6

22 756

50 330

2021-22

1140.0

29 807

196.8

22 955

52 762

2022-23

1173.0

29 264

208.8

23 601

52 865

2023-24

1236.2

29 939

220.0

24 295

54 234

2024-25

1266.5

30 674

236.2

25 909

56 583

Sources dette fédérale et dette nette du Québec : Department of Finance Canada (Fiscal Reference Tables, oct. 2025).

Les gouvernements sont de plus en plus endettés et par le fait même, nous aussi. Ainsi, un enfant né au Québec en janvier 2026 a déjà plus de 56 000$ de dette comme héritage de ses gouvernements.

Parallèlement, les taux d’imposition marginaux les plus élevés ont augmenté, passant de 48,22% en 2012 à 53,305% en 2025. Au Québec, le taux marginal le plus élevé est chargé aux contribuables dépassant le seuil de 132 245$ alors qu’ailleurs au pays le seuil d’impôt marginal le plus élevé s’applique aux gens dont les revenus dépassent 258 482$.

L’adage qui dit que les « riches »  ne paient pas d’impôt devrait être reconsidéré lorsqu’on constate que les gens gagnant plus de 100 000 $ ne représentent que 11,88% des contribuables mais paient 54,04% de l’impôt au Québec , ceci inclut ceux gagnant 200 000$ et plus qui ne représente que 2,08% des contribuables contribuant pourtant à 24,26% de l’impôt sur le revenu au Québec. Alors que les gens gagnant moins de 50 000$ représentent 57,75% des contribuables, il ne paient qu’un maigre 9,09% des impôts. 

Ceci nous fait donc constater que le Québec est trop pauvre en riche et trop riche en pauvre.