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Invalidité longue durée et assurance-emploi : une coordination à revoir

04 juin 2026

Jusqu’à récemment, les prestations de maladie de l’assurance-emploi (AE) étaient limitées à 15 semaines. Elles peuvent désormais être versées pour une période maximale de 26 semaines, offrant ainsi un soutien prolongé aux employés en arrêt de travail pour des raisons médicales.

Ce changement rend particulièrement pertinent la révision de la période d’attente de la garantie d’invalidité de longue durée (ILD) dans les régimes d’assurance collective.

L’enjeu de la période d’attente de 121 jours 

Dans plusieurs régimes collectifs, la garantie d’ILD prévoit une période d’attente de 121 jours, soit environ 17 semaines. Concrètement, cela signifie qu’avant de recevoir des prestations d’invalidité longue durée, l’employé doit être invalide pendant cette période et avoir complété le processus de réclamation auprès de l’assureur. 

Historiquement, cette période était cohérente avec l’ancienne période d’attente maximale de 15 semaines offert par l’assurance-emploi maladie. 

Aujourd’hui, avec l’allongement des prestations de l’AE à 26 semaines, cette coordination peut entraîner certains enjeux :

  • L’employé peut être redirigé vers l’assurance collective alors que les prestations de l’AE sont toujours disponibles;
  • Le régime collectif peut être sollicité plus tôt que nécessaire, augmentant potentiellement la pression sur les coûts ;
  • Une mauvaise coordination entre les protections peut compliquer le parcours de l’employé durant sa période d’invalidité.

Un exemple concret

Un employé cesse de travailler pour des raisons médicales et reçoit des prestations de maladie de l’assurance-emploi.

Son régime collectif prévoit une période d’attente de 121 jours avant le versement des prestations d’invalidité longue durée.

Même si l’assurance-emploi peut maintenant être versée jusqu’à 26 semaines, il demeure important d’amorcer rapidement la réclamation d’ILD. Pourquoi? Parce que l’assureur doit analyser le dossier, obtenir les documents médicaux requis et confirmer l’admissibilité.

Si la demande est présentée trop tard, l’employé pourrait se retrouver temporairement sans revenu entre la fin des prestations de l’AE et le début des prestations d’ILD.

Pourquoi revoir cette période d’attente?

Un meilleur alignement entre les prestations de maladie de l’assurance-emploi et la période d’attente de l’ILD permet de :

  • Faciliter une transition fluide entre les différentes sources de revenu;
  • Réduire les risques de chevauchement ou de désorganisation administrative des réclamations;
  • Optimiser la gestion financière et administrative du régime collectif.

Discutez avec votre conseiller en assurance et rentes collectives afin d’évaluer si un ajustement est pertinent, tant pour la protection des employés que pour la saine gestion du régime. Un simple examen de la coordination des prestations peut contribuer à un régime mieux structuré, plus efficace et mieux aligné sur la réalité d’aujourd’hui.

Attention aux demandes présentées trop tardivement

Lorsque les prestations de maladie de l’assurance-emploi sont versées à un employé jusqu’à 26 semaines, mais que la période d’attente de la garantie d’invalidité de longue durée (ILD) du régime collectif est de 121 jours (environ 17 semaines), un décalage important peut survenir si la demande au collectif est présentée trop tard.

Plusieurs conséquences peuvent alors apparaître : 

Retard dans le déclenchement des prestations d’ILD

Même si la période d’attente débute généralement à la date de l’invalidité, l’assureur exige que la réclamation soit transmise dans des délais raisonnables. Une demande tardive peut entraîner :

  • Des délais d’analyse supplémentaires;
  • Un report du versement des prestations;
  • Une remise en question de certaines périodes.
Risque administratif et preuves médicales accrues

Une demande tardive signifie que l’assureur :

  • Dispose d’un suivi médical continu réduit;
  • Peut exiger des rapports médicaux rétroactifs plus détaillés;
  • Peut prolonger l’évaluation ou demander des expertises supplémentaires.

Cela complique le parcours de l’employé et peut retarder les prestations.

Possibilité de contestation ou de refus partiel

Plus la demande est présentée tard, plus l’assureur peut :

  • Questionner la continuité de l’invalidité;
  • Limiter ou ajuster la période payable, selon les clauses du contrat.
Rupture de revenu pour l’employé

Si la demande n’est pas traitée rapidement, l’employé peut se retrouver :

  • Sans prestations d’assurance-emploi (après les 26 semaines);
  • Sans prestations d’ILD immédiatement disponibles; créant ainsi une période sans revenu, malgré une invalidité toujours présente.
Pression accrue sur l’employeur

Une mauvaise coordination entre les protections peut générer :

  • De l’insatisfaction et de l’incompréhension chez l’employé;
  • Des demandes d’intervention auprès des RH;
  • Un risque réputationnel pour l’employeur quant à la gestion du régime.
Message clé pour les employeurs

Lorsque la période d’attente de l’ILD est de 121 jours, il est essentiel que la réclamation au régime collectif soit amorcée bien avant la fin des 26 semaines de l’assurance-emploi maladie, afin d’assurer une transition fluide et d’éviter des complications administratives et financières.

Bonne pratique : revoir l’alignement entre l’assurance-emploi maladie et la période d’attente de l’ILD, et sensibiliser les employés et gestionnaires à l’importance d’une déclaration d’invalidité au bon moment.

 

Rédigé par Isabelle Arpin
Conseillère en assurance et rentes collectives¹

¹ Auprès de GFM Groupe Financier