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Mes finances en santé - Perdre un proche

 

Au moment d'un décès : les gestes financiers essentiels des premières semaines

Quand un proche décède, les émotions prennent toute la place. C'est normal, et c'est humain. Pourtant, certaines réalités financières se présentent assez rapidement, parfois plus vite qu'on ne le souhaiterait.

Cet article vise simplement à vous aider à repérer les démarches clés à poser dès le départ, à éviter les erreurs courantes, et à traverser cette période difficile avec un peu plus de sérénité.

Ce qui change immédiatement sur le plan des revenus

Certains revenus cessent dès le mois du décès, souvent plus rapidement que les familles ne l'anticipent. La rente du Régime de rentes du Québec (RRQ), la Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) prennent tous fin le mois du décès. Pour le conjoint survivant, les prestations sont recalculées en fonction de la nouvelle situation, ce qui peut entraîner une hausse ou une baisse des montants reçus.

Si la personne décédée bénéficiait d'un régime de retraite d'employeur, les règles peuvent varier : rente au conjoint, montant forfaitaire ou aucun versement. Il est donc essentiel de valider rapidement auprès de l'employeur ou du gestionnaire du régime.

À ne pas oublier : la RRQ prévoit une prestation de décès pouvant aller jusqu'à 2 500 $, versée à la succession ou à la personne ayant assumé les frais funéraires. La demande se fait en ligne auprès de Retraite Québec.

Dans bien des situations, les revenus diminuent rapidement alors que les dépenses, elles, ne s'arrêtent pas. Il devient donc essentiel d’avoir rapidement une idée claire des liquidités disponibles à court terme.

Les dépenses continuent, même si les revenus baissent

Hypothèque, paiements de voiture, assurances, services : les obligations financières ne prennent pas de pause. L'objectif des premières semaines n'est pas d'optimiser la situation, mais bien de maintenir les paiements essentiels.

Point de vigilance : les liquidités appartenant au défunt ne devraient pas servir à couvrir des dépenses courantes, même celles du conjoint survivant. Avant que l'inventaire soit complété, cela peut créer des complications dans l'acceptation de la succession.

Il peut aussi être utile de dresser rapidement la liste de tous les débits préautorisés au nom du défunt, qu’il s’agisse d’abonnements, d’assurances ou de services en ligne. Certains continueront d’être prélevés automatiquement s’ils ne sont pas annulés.

Les comptes bancaires : ce qui est accessible et ce qui ne l'est pas

Dès que le décès est déclaré, les comptes individuels au nom du défunt sont généralement gelés et les cartes de crédit doivent être annulées. Les institutions financières doivent être avisées rapidement.

Pour les comptes conjoints, seule la portion appartenant au conjoint survivant peut légitimement être utilisée. La part du défunt fait partie de la succession.

Il peut être pertinent de distinguer ce qui appartient au conjoint survivant de ce qui relève de la succession, afin d’éviter les erreurs involontaires. 

Une fois le liquidateur officiellement en fonction, notamment via la publication de sa nomination au Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM), il est recommandé d'ouvrir un compte distinct au nom de la succession pour centraliser toutes les transactions liées au règlement.

Il est aussi préférable d’aviser rapidement les assureurs habitation et auto. Le décès peut affecter la couverture en vigueur, et certaines polices exigent une mise à jour dans un délai précis.

Certaines sommes peuvent être disponibles rapidement lorsqu'un bénéficiaire est désigné, notamment en assurance vie, en assurance collective ou dans certains régimes. Ces montants sont versés directement, sans passer par la succession, et peuvent aider à couvrir les frais funéraires ou offrir un coussin financier à court terme.

Ne pas toucher aux actifs tant que le portrait n'est pas clair

C'est sans doute le conseil le plus important : il faut résister à l'envie de régler, distribuer ou liquider quoi que ce soit avant d'avoir un portrait complet de la situation. 

Des montants importants pourraient être nécessaires pour payer l'impôt, rembourser des dettes ou respecter les volontés prévues au testament. Un geste posé trop rapidement, même avec de bonnes intentions, peut compliquer la gestion de la succession et entraîner de réelles conséquences financières.

Rassembler l'information : une priorité concrète

L'une des actions les plus utiles est aussi l'une des plus simples : structurer l'information disponible. 

Cela commence par trouver le testament. Une recherche testamentaire officielle est requise, même si un document papier existe à la maison. Il faut ensuite identifier les comptes, les placements, les assurances, les dettes et les professionnels impliqués.

Il peut être aussi judicieux de demander plusieurs copies certifiées du certificat de décès dès le départ. Chaque institution et organisme risque d’en exiger une, et devoir en redemander au fil des démarches ralentit inutilement le processus.

Il est également utile de vérifier assez tôt les accès numériques importants. Les comptes en ligne sont souvent protégés par une authentification à deux facteurs liés au téléphone du défunt. Si cet accès devient inaccessible, récupérer l'information peut devenir beaucoup plus complexe. Un bilan patrimonial préparé peut alors être d’une grande utilité.

Il faut aussi conserver tous les feuillets fiscaux qui arriveront par la poste ou en ligne. Ils seront indispensables pour produire les déclarations de revenus finales.

Des organismes comme Éducaloi et Retraite Québec offrent des listes de contrôle utiles pour accompagner les proches dans ces démarches. 

Un pas à la fois

Dans les premières semaines suivant un décès, il ne s'agit pas de tout régler. Il s'agit de poser les bons gestes, d'éviter les erreurs qui compliquent la suite et de se donner un peu de temps avant de prendre des décisions importantes.

Et si cette expérience vous amène à réfléchir à votre propre situation, c'est peut-être le moment d'agir. Un testament à jour et un bilan patrimonial bien documenté comptent parmi les plus beaux cadeaux que l’on puisse laisser derrière soi.

Rédigé par Christine Pelletier MBA, Pl.Fin., RIS
Planificatrice financière¹
Conseillère en sécurité financière¹
Conseillère en assurance et rentes collectives¹
Représentante en épargne collective²

¹ Auprès de GFM Groupe Financier
² Auprès d'Investia Services financiers Inc.