Quand on pense à la retraite, on pense souvent au REER. Pendant des années, on cotise, on épargne, on regarde ses placements grandir en visant ce fameux jour où le salaire cessera d'entrer.
Mais à l'arrivée de la retraite, le REER n'est souvent qu'une pièce du casse-tête.
En réalité, la plupart des retraités touchent un revenu qui provenant de plusieurs sources. Bien les comprendre et savoir les différencier est la première étape d'une planification de retraite solide.
Avant même de calculer combien il faut épargner ou à quel âge on pourra arrêter de travailler, il vaut la peine de répondre à une question toute simple :
C'est cette question que nous explorerons tout au long de cette série d'articles sur la retraite.
J'aime comparer le revenu de retraite à une rivière.
Une rivière ne dépend pas d'une seule source d’eau : elle est alimentée par plusieurs affluents. Si l'un d'eux ralentit — une mauvaise année boursière, par exemple — les autres maintiennent le débit.
Certaines personnes arrivent à la retraite avec un régime de retraite d'employeur, des prestations gouvernementales et un portefeuille de placements : trois ou quatre affluents bien répartis qui alimentent la rivière en continu. D'autres comptent presque uniquement sur leur épargne personnelle, ce qui rend la rivière plus vulnérable aux sécheresses.
L'objectif n'est donc pas d'avoir le plus gros bas de laine possible, mais de bâtir des revenus diversifiés et durables, capables de maintenir un débit stable, année après année.
Pour la plupart des Québécois, le premier affluent de cette rivière vient des gouvernements.
Ce sont des filets de sécurité importants. Mais à eux seuls, ils suffisent rarement à maintenir le niveau de vie que l’on avait pendant les années de travail.
Certaines personnes ont la chance de participer à un régime de retraite offert par leur employeur. C'est souvent l'un des affluents les plus puissants de la rivière, même si on n'y pense pas toujours.
Dans certains cas, ce régime garantit un revenu mensuel à vie. Dans d'autres, il permet simplement d'accumuler de l'épargne qui servira à la retraite. Peu importe sa forme, un bon régime allège énormément la pression sur l'épargne personnelle.
C'est aussi pourquoi deux personnes qui gagnent le même salaire aujourd'hui peuvent avoir des besoins d'épargne très différents.
Nous reviendrons plus en profondeur sur les régimes d’employeur dans le 2e article de cette série.
Pour plusieurs familles, l'épargne personnelle forme le troisième pilier du revenu de retraite.
Le REER permet d'épargner à l'abri de l'impôt jusqu'au moment du retrait. Le CELI offre quant à lui une grande flexibilité, puisque les retraits sont non imposables. Les placements non enregistrés viennent souvent compléter le portrait.
Ensemble, ces outils servent principalement à combler l'écart entre les revenus garantis et le niveau de vie souhaité. Une bonne stratégie de décaissement est d’ailleurs essentielle pour optimiser les revenus et limiter l’impact fiscal. Votre conseiller GFM est outillé pour vous accompagner avec cette stratégie.
La retraite ne repose pas seulement sur les placements financiers.
Un immeuble locatif, une entreprise qui continue de générer des revenus après un retrait progressif, une terre agricole ou des investissements privés sont tous des affluents possibles, capables de jouer un rôle important dans la sécurité financière à long terme.
Même la résidence principale, souvent l'actif le plus important du patrimoine, mérite sa place dans la réflexion. Bien qu’elle ne génère pas de revenu directement, elle représente tout de même une valeur accumulée sur laquelle on peut parfois s'appuyer.
Certaines personnes choisissent de vendre leur résidence pour dégager du capital. D'autres préfèrent y demeurer et explorer des stratégies qui permettent d'accéder à une partie de cette valeur sans avoir à la vendre, comme une marge de crédit hypothécaire ou un prêt hypothécaire inversé. Chaque option comporte ses propres implications, et le bon choix dépend entièrement de la situation et des priorités de chacun.
Prenons Pierre et Julie.
Pierre possède un REER de 600 000 $, mais ne bénéficie d’aucun régime de retraite d'employeur. Julie, de son côté, a accumulé un REER de seulement 250 000 $, mais elle recevra également une rente d'employeur de 30 000 $ par année, indexée, en plus de ses prestations gouvernementales.
À première vue, Pierre semble avantagé : son portefeuille est deux fois et demie plus important. Pourtant, Julie profite probablement d'une plus grande stabilité grâce à ce revenu garanti à vie qui vient s'ajouter à ses autres sources.
Cet exemple démontre pourquoi comparer uniquement la valeur des actifs, sans regarder l'ensemble des sources de revenu, peut donner un portrait trompeur.
En approchant de la retraite, on se demande souvent : combien ai-je accumulé?
La question la plus utile est différente : connaissez-vous le revenu mensuel que chacune de vos sources vous procurera une fois à la retraite et comment je pourrai les utiliser?
Une bonne planification ne consiste pas seulement à accumuler du capital. Elle consiste surtout à transformer ce patrimoine en revenus durables, une rivière qui continue de couler, peu importe la saison, pendant plusieurs décennies.
Dans le prochain article de cette série, on verra pourquoi deux travailleurs au même salaire aujourd'hui peuvent vivre des retraites très différentes, selon le type de régime auquel ils participent.
Rédigé par Christine Pelletier, MBA, Pl.Fin., RIS
Conseillère en sécurité financière¹
Conseillère en assurance et rentes collectives¹
Représentante en épargne collective²
Planificatrice financière¹
¹ Auprès de GFM Groupe Financier
² Auprès d'Investia Services financiers Inc.